Amalie Skram, Berthe Amalie Alver de son nom de jeune fille, est née à Bergen sur la côte ouest de la Norvège le 23 août 1846.
Trois grands romans se dégagent de son œuvre :
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Hellemyrsfolket, fresque qui dépeint d’une manière minutieuse et désespérée la vie des petites gens du nord de Bergen. Ce roman traduit en français a été publié par les Editions
Gaïa en
2003 sous le nom
"Les gens de Hellemyr"
- Constance Ring, fruit amer de son expérience de mariage
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Forraadt, œuvre la plus proche de sa propre biographie ce qui la rend d’autant plus attachante. Comme l’héroïne du roman, Amalie Alver s’est mariée à 18 ans avec un capitaine au long cours beaucoup plus âgé qu’elle avec qui elle a sillonné les mers.
Elle a alors pris le nom de Müller et le nom de Skram lui vient de son deuxième mariage avec un écrivain danois Eric Skram.
Son œuvre porte l’empreinte des courants littéraires et des grands sujets débattus de l’époque comme le féminisme : la femme veut se libérer du carcan de son éducation ; le romantisme national : la Norvège vient d’acquérir son indépendance après quatre siècles sous le joug du Danemark et elle recherche son âme; le mouvement naturaliste : Amalie Skram choisit de traiter la relation homme-femme, matériel explosif à la lumière du naturalisme qui veut la reproduction de la réalité avec une objectivité parfaite jusque dans ses aspects les plus vulgaires.
Ces pages naturalistes ont passé pour immorales et elle doit affronter la désapprobation de la société.
Jean Lescoffier dans son « Histoire de la littérature norvégienne » (Paris : les Belles Lettres, 1952) nous présente ainsi Amalie Skram : «
une beauté éclatante, un destin tourmenté, des révoltes et de la pitié, la passion des lettres, quelques œuvres enfantées dans la douleur, à peu près méconnue des contemporains et admirée par les générations suivantes » et plus loin «
Déçue jusqu’au bout elle renia sa patrie et fit inscrire sur sa tombe " Citoyenne danoise, écrivain danois ". Mais par son ardeur inquiète, ses cris de femme blessée, ses passages de la fureur à l’enthousiasme, elle est et reste norvégienne ».
La traduction est une gageure. Etymologiquement le terme traduction signifie conduire à travers (du latin trans : à travers et ducere : conduire). On prend en charge une langue pour la mener à une autre.
Cet exercice exige beaucoup de doigté, un défi certes mais accompagné de beaucoup d’humilité. Et si même un adage italien nous dit carrément dans son style lapidaire : "Traduttore, traditore" (Qui traduit, trahit) nous espérons que le roman d’Amalie Skram ne soit pas lui trahi, voilà le souhait humble et sincère que nous formons.